Exposition Stacy Elko à la Galerie Lawrence-Arnott - Actualité 08 mar 2012
Il y a une vingtaine d’années, peu de temps après son arrivée à Moscou en 1988 comme membre du Peace Corps, tout juste titulaire d’un diplôme de Bachelor of Fine Arts de la Kent State University, Ohio, la Galerie Lawrence-Arnott de Tanger a organisé pour Stacy Elko sa première exposition en solo au Maroc. À cette époque, elle était déjà une artiste au talent accompli qui avait atteint une perfection de composition et d’exécution faisant d’elle l’une des jeunes artistes les plus prometteuses de sa génération. Deux décennies et d’innombrables expositions plus tard, titulaire d’un DEA en tant que Master of Fine Arts de l’Indiana University, elle a fait plus que tenir ses premières promesses.
Lors de l’exposition actuelle à la Galerie Lawrence-Arnott de Marrakech, du 3 au 26 mars 2012, Stacy Elko expose ses peintures les plus récentes, une série d’aquarelles néo-orientalistes caractérisées par une esthétique raffinée quant à la lumière et aux couleurs. Elle emploie avec succès dans ses travaux ses capacités hautement développées, ajoutées à un sens sans pareil de la composition, et au talent maîtrisé d’employer des applications à grande échelle, ce qui serait impossible à de nombreux artistes travaillant dans le domaine difficile de l’aquarelle, qui ne pardonne pas l’erreur car elle est impossible à rectifier.
Les nombreuses années passées au Maroc, où elle a souvent travaillé dans des zones tribales isolées du Rif, ont doté Elko du don le plus précieux qu’un artiste puisse posséder : une observation pleine d’empathie ! C’est particulièrement évident dans “JEUNES FILLES D’IMILCHIL” qui n’est pas seulement, au niveau superficiel de la composition, un triomphe d’esthétique harmonieuse et sereine, mais une étude scientifique anthropologique exacte de toute une culture. Les anciens tatouages tribaux d’origine punique, les tissages locaux, les foulards traditionnels tenus en place par des bijoux berbères, un arrière-plan de tapis berbères, imprègnent la peinture d’un sens profond du lieu ! Cette peinture expose les deux critères du grand art : elle est belle et elle est vraie !
Les aquarelles translucides d’Elko sont dominées par un sens du “traditionnel”. Elle évite la modernité, mais pas entièrement. Ainsi dans “PARTIR AU MARCHÉ”, une scène tellement enracinée dans l’Orientalisme traditionnel qu’elle pourrait aussi bien dater de 1911 que de 2011, elle n’hésite pas à juxtaposer un ânier arabe enturbanné et vêtu d’une djellaba blanche et de babouches jaunes avec un charretier menant un véhicule muni de roues avec des pneus, et portant jeans et casquette de golf ! Ce même “point d’exclamation” dans sa composition se retrouve dans “NÉGOCIATIONS” où là encore, des éléments de modernité – jeans et chaussures européennes – sont délibérément introduits dans une scène essentiellement intemporelle.
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